Récit d’une aventure humanitaire au Sénégal…

Il y 2 ans, jour pour jour, je faisais du porte à porte dans les ruelles de M’bour, Sénégal.(Non, je ne vendais pas de calendriers de la Poste, ni des éboueurs)

Recit d’un de mes plus beaux voyages.

10 mois de préparation : un projet, 4 copines, des fonds à récolter, des demandes de subventions, un séminaire, une association, des moments de galères, des papiers, beaucoup de papiers.

Nous voilà partis pour M’Bour, 160 kg de bagages, du matériel scolaire, des vêtements, des médicaments et cette intime conviction que je vais changer le monde.

Nous avons travaillé dans un dispensaire, aux consultations, en pansement, à la pharmacie et en consultations prénatales. Et puis il y avait les vaccinations et les circoncisions mais surtout, ET SURTOUT une des choses les plus mémorables de ma vie : la prévention paludisme.

Le Paludisme c’est une maladie infectieuse qui TUE entre 1 et 3 millions de personnes par an (1 personne décède toutes les 30 secondes…)   [Silence]

Il s’est avéré que le dispensaire avait prévu une semaine de prévention palu, nous nous sommes de suite portées volontaires !

Ni une, ni deux, nous voilà dans les quartiers, (chose que les touristes ne peuvent pas faire car ils ne seraient en effet pas acceptés …), on commence à faire du porte à porte et à distribuer des médicaments.

L’ accueil y est incroyable, après quelques semaines passées dans le quartier, les gens nous reconnaissent et sont très chaleureux. On a réussi la phase d’adaptation, même si, croyez moi, ça n’a pas été toujours facile!  Je suis une Toubab qui se balade à « Santessou », je suis accompagnée de 2 bénévoles, notre statut nous permet entre guillemet d’aller partout ! J’entre dans l’intimité des familles, vivant parfois à 20 dans une maison, réunissant 4 à 5 générations : ça y est, me voilà en immersion totale.  Je suis étonnée de mes découvertes, j’ouvre un portail qui ne paye pas de mine, je tombe sur une maison toute en couleurs !  Je suis choquée par la pauvreté, la précarité des logements et l’âge des plus jeunes maman. Mais je suis admirative et envieuse de cette ambiance simple et authentique, au quotidien festive, conviviale et chaleureuse. Je laisse mon collègue travailler, les enfants m’apprennent à danser, je prends le thé, je me vois offrir à manger dans la plupart des maisons (évidemment, je goutte à tout …) et puis je sors mon reflex… Les enfants se mettent à faire les fous, ils veulent tous être sur la photo, ils sont heureux, ils chantent, on danse. 

La dernière semaine s’est maintenant écoulée, avec ma copine Marik, on est fière, on s’en est mis plein la tête, plein les yeux et plein le coeur. Notre voyage touche à sa fin. Nous sommes heureuse de rentrer, nos proches nous manquent. Nous voulions changer le monde, c’est peine perdu, mais on a apporté certainement quelque chose  » à notre manière ». Ce voyage m’ a profondément marqué, j’ai testé mes limites et j’ai parfois craqué, on ne peut pas s’en sortir indemne… Je souhaite à chacun de pouvoir vivre ce que j’ai vécu, ce partage de richesse et d’humanité, vraiment. J’en ressors forte, ma philosophie de vie s’est confirmée, je ne supporte plus les gens négatifs et je vais terminer ce récit avec une citation qui me tient à coeur : « En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d’être heureux. » 

J’ai réussi mon plus gros challenge, dormir avec des souris. Marik, Pauline et Emilie, si vous me lisez, ne rigolez pas, j’en suis encore terrorisée !

Je vous encourage vraiment à partir, non pas au Club Med de Djerba, mais avec une association ! N’hésitez pas à me poser des questions et à VOUS poser les bonnes questions.

Bon dimanche à tous, pour notre part on part en petit road trip en Italie !

A bientôt, Capucine.

 

 

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  1. tiphanya says:

    Les photos sont vraiment super et je ne peux que partager ta conclusion (j’ai été volontaire au Togo, puis au Kirghizstan). Par contre je n’ai jamais voulu apporter une aide « médicale », car je sais ne pas avoir la force d’être confronté quotidiennement à cette réalité.

  2. Félicie says:

    Merci de nous faire part de ces aventures humaines … Si magnifiques et pleines d’enseignement, cela nous remet à notre place !

  3. Super ce récit de voyage! tu es courageuse, je sais pas si j’y arriverai à voir cette misère :S

  4. Ayant aussi participé à des missions à vocation solidaire à Madagascar, je confirme qu’une telle aventure humaine donne tout son sens au voyage…

  5. Isa tout simplement ... says:

    Belle aventure en tout cas , ça fait rêver !

  6. Quel bel article, quelles belles photos mais surtout quel beau projet.
    Je suis admirative de ce que tu as fait. C’est tellement beau, tellement simple.
    Ca me fait réver, ça me donne envie. Je ne me sens pas de faire cela aujourd’hui car ma fille est trop petite mais lorsqu’elle sera plus grande, je crois que je rèverai de faire quelques chose comme cela.

    BRAVO EN TOUT CAS. Un immense bravo 😀
    A bientôt

    1. Merci Céline ! Il n’est jamais trop tard pour toi 😉

  7. perrine adloff says:

    Superbe expérience, je voulais savoir avec quelle association ce projet s’est déroulé ?
    merci
    perrine

  8. Alice says:

    Belle aventure! Comment avez vous mis en place la levée de fond? Quel moyen avez vous utilisé? J’imagine que la mise en place de ce projet n’a pas dû être evidente.

  9. Ce genre d’expérience nous tente depuis pas mal de temps maintenant. Nous aimerions aussi, « changer le monde à notre façon ». Très joli récit qui m’a un peu laissé sur ma fin. Je vais farfouiller sur votre blog pour plus d’infos 😉

  10. Merci pour ce beau reportage de mon pays.
    Semou Diouf. Guide piroguier dans le Sine Saloum
    http://www.obinomag.com

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